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DÔME

(2007 / 2008)

mardi 15 avril 2008, par clf

Installation réalisée au Japon, à Utsunoya, auprès du sentier nommé Tsuta no hosomichi (sentier de lierre).






Dôme (2008)
Bambous et feuillages. Dimensions : 430 x 175cm.

J’ai grandi dans une région montagneuse du Japon où se trouve la route nationale numéro 1, dans le département Shizuoka. Cinq tunnels ont été construits au même endroit pour désengorger cette route entraînant l’expropriation de familles et la destruction de plusieurs bambouseraies.

Des sentiers parcouraient ces bambouseraies. Ils se modifiaient selon les époques et les besoins des gens. De nombreux poètes, peintres et écrivains ont évoqué la difficulté pour les parcourir mais aussi leur poésie (par exemple : Un récit d’Ise-Monogatari, au début de l’époque Heian, 9e siècle). Aujourd’hui, des amoureux nostalgiques de ce temps se promènent sur ces sentiers isolés pour tenter d’en retrouver les saveurs oubliées. Dans le même temps ils entretiennent leur existence et prolongent leur histoire.

Dôme est installé au départ du sentier qui s’appelle Tsuta no hosomichi. Il conserve la poésie de cette époque où l’on se déplaçait à pied. Bordé de lierre et très retiré, il serpente au sein d’une bambouseraie encaissée dans un val où le soleil peine à toucher le sol, créant une ambiance lumineuse singulière. Régulièrement, il faut éclaircir la bambouseraie pour faciliter la pénétration du soleil et favoriser la croissance des végétaux.

La forme de Dôme rappelle la silhouette des tunnels et pointe l’idée d’une traversée de lumière. La structure du bambou est creuse et rappelle aussi l’idée du tunnel. Dôme est constitué de 900 segments de bambou empilés. Chaque segment de bambou comporte une cloison interne, fine et parfois percée d’un trou pour les empilements les plus bas.

Le sol est formé de tuiles de bambou déposées par les visiteurs ; ils ont porté les inscriptions de leur choix sur l’envers de chacune d’elles.

La lumière captée à l’extérieur se reflète à l’intérieur de chaque tronçon de bambou, transposant les images du ciel, de la forêt ou de la montagne à la manière d’un sténopé lorsque la cloison interne du bambou est percée. Par endroit, le soleil vient frapper le sol.

Un mouvement extérieur - des bambous qui s’agitent sous l’effet du vent ou des promeneurs qui passent – se répercute par un large mouvement lumineux à l’intérieur ; chacun des tubes fonctionnant comme un capteur qui reflète une part du rayonnement reçu.



Photographies : teruhisa suzuki


D’autres images sont visibles sur
http://www.asahi-net.or.jp/ sg8k-isgi/insta/dome/index.html



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