C’est pas qu’on s’ennuie...
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• hata marie - Chroniques et dialogues en Berry : chapitre 3

vendredi 24 juillet 2015, par clf

Je pars pour 24 heures à Paris. Seul cette fois, sans Gordie. Il manquera au BHV, où je pourrais enfin aller sans tomber sur lui !
Je serai logé chez Jacky, ça promet ! Il m’a annoncé qu’il m’a fait une place par terre, entre le carton toujours intact de la chaîne HiFi, que je lui ai offerte pour son anniversaire en 2010, et le carton aussi intact du lecteur Blu Ray que je lui ai offert à Noël en 2013 ! Quand à ma sacoche et mon iPad, c’est sous la douche ! Il m’a précisé qu’il y a une seule chaise disponible, donc on pourra s’assoir à tour de rôles, à condition que je fournisse ma tranche d’horaires 48 heures à l’avance. J’ai demandé 05h/08h, insomnie plus petit déjeuner, il n’y a qu’un seul de toute façon. Jacky, qui m’est l’être le plus proche et le plus cher, souffre de : http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Syllogomanie
Une fois, les pompiers qui sont arrivés pour lui sauver la vie n’ont pas pu entrer chez lui.
Laisser Voleuse et Boule a été une déchirure. Je suis parti comme un voleur pour ne pas croiser leurs regards. Je compte sur Ingrid et Michel pour colmater derrière moi.
Je comprends l’émotion de la drama-queen, Ingrid, concernant l’attachement à ces foutus chats. Boule, qui a dormi avec moi hier soir, passera sa première nuit chez moi, sans moi. Donc pas de chauffage ce soir, ni Grand Journal, ni DVDs.
Sur la route pour la gare, je me disais que les pires chauffeurs son les Français et les ... Libyens ! Mais il y a des raisons sociologiques. Pour les libyens, c’est l’espace : chaque chauffeur libyen pense qu’il est seul dans un pays qui fait 4 fois la France. Pour les Français, c’est la vitesse : chaque chauffeur français pense qu’il conduit le Concorde ou le TGV.
A suivre ...
Ah Paris :
Paris. Hemingway disait : si tu as eu la chance d’y avoir vécu lorsque tu étais jeune - ce qui est mon cas -, alors où que tu ailles jusqu’à la fin de ta vie, Paris restera avec toi, car Paris est une fête mobile - ce qui est vrai. Je me le demande pour le Paris actuel. Entre la laideur de l’Est et l’opulence de l’Ouest, avec Pékin au centre, il n’y a plus de mixité.
Lorsque, au début des années 70, j’habitais rue Cels dans le 14, voisin de Sartre, de Simone de beauvoir ( ils b******* dans un hôtel ), de César, A. Varda, P. Vechiali et de Hartung ( Attia, c’est prétentieux ! Non, mais c’est vrai. C’est ça la fête mobile), il y a avait des Noirs, des Arabes, d’autres étrangers, mais pas de ghetto, plus d’échanges.
Donc aujourd’hui soirée et nuit dans le vingtième sinistre et demain matinée à Neuilly (chez Sarkozy, apparemment candidat à la guerre civile de 2017, il y a de fortes chances pour qu’il soit présent au deuxième tour face à Marine Le Pen, entre peste et choléra, on aura le President qu’on méritera). Espérons que je ne choque pas mes amis de droite.
Dans le train je lis le journal, et je me rends compte que, vu ce que Gattaz, le patron des patrons, propose aux ouvriers et salariés français, je "crains" pour sa vie ! C’est vrai qu’il n’y a plus d’Action Directe, Brigades Rouges, Fractions Armées Rouges, mais une vieille guillotine avec une lame bien rouillée fera l’affaire pour moi ! Et je suis certain qu’il ne manquera même pas à ses enfants et petits-enfants, à qui il propose un esclavage futur. Selon le code pénal français, je risque gros pour Apologie de Meurtre !
Je ne suis ni misogyne, ni phallocrate, mais pourquoi faut-il que je tombe toujours sur la même connasse qui radote au portable dans le train ? Je suis tenté par le Marteau brise-vitre devant moi, en Italien : Martello rompivetro ! _ Mais c’est encore plus grave selon le code pénal. Et comme le seul moyen de résister à la tentation, c’est de céder, j’ai préféré aller dans le wagon à vélo. Pas de vélo, donc personne. Parfait, je soigne mon ochlophobie...
A suivre ...
Train :
Dans le train, je mange mes œufs durs, et je pense à ma poule qui est en train de mourir seule, enfermée dans le garage et séparée de ses sœurs et d’Albert, le coq de Michel. Elle est la plus gentille, ce n’est juste. Mais comme dirait Denise : si la vie était juste M. Jackson serait encore vivant et G. Bush serait à Guantanamo !
Je ne sais pas si c’est une décision récente de la SNCF que j’ignore ou c’est à cause de ma tête, mais tous les agents SNCF qui passaient dans les deux sens dans le train ont contrôlé mon billet ! Illisible à la fin du voyage, une vrai œuvre d’art par l’effacement ! Je l’ai signé et daté, et je le leur ai donné comme tel en disant que j’étais artiste. Ils ont dit : merci, Eheheh !
Descente du train, derrière la connasse du portable qui radotait encore, pour me calmer, j’en grille une sur le quai malgré le risque d’une contravention ...
Cafés :
Paris 20, et l’envie d’un café. J’avais le choix entre deux cafés : La Mère-tranquille et Le père-fouettard. Je dois être maso, j’ai choisi le père, et j’ai mérité le fouettage, un café : 4€70
Ben dis donc, dis-je à la serveuse, ce sont les prix des Champs-Elysées !
Et bien, vous n’avez qu’à y aller aux Champs-Elysées, répond-elle !
Je n’ai pas intérêt à inviter Jacky pour un apéro ici ! Un double Whisky, et c’est la faillite !

En quittant le Père Fouettard, je me suis trouvé devant un café appelé Mère-Lachaise ! Un café : un euro, mais, mais, mais ... Limité dans le temps : un café = 10 minutes ! Le temps de finir Libération et Le Monde, ma crise de foi a culminé à des sommets, et mon porte-monnaie s’est allégé !
Pour vomir, c’est compris ? Demandais-je au serveur.
Non, a-t-il rétorqué, c’est à emporter !
J’espère que vous n’êtes pas à table ...

Dîner.
Moi à la serveuse : c’est quoi le cocktail Caipriniha Orgasme ?
La serveuse : c’est un apéro servi avec un transsexuel brésilien fourni !
Moi : non, merci, sans façon, j’ai déjà une c****** de moins, ça risque de détériorer la deuxième ! Et je suis Natural Food !
Jacky : on passe aux plats directs, je prends la pièce du boucher.
La serveuse à moi : et vous ?
Moi : idem.
La serveuse : il n’y en a pas à la carte !
Moi : qu’à cela ne tienne, je prends la pièce du boucher quand même.
La serveuse : laquelle !!!?
Moi : bouche bée !
La serveuse : quelle cuisson ?
Jacky : cramée.
Un client à côte à la serveuse : une entrecôte, et une omelette au préalable.
La serveuse : On a bien des œufs, mais on n’a pas de préalable !
Le client : l’omelette a posteriori.
La serveuse : on n’a pas de a posteriori non plus !
Le client : je m’arrête à l’entrecôte.
La serveuse : vous arrêtez ?!!!

Passer une nuitée chez Jacky relève d’une expérience unique ! Vu l’encombrement des lieux, je me devais d’être un cosmonaute russe en apesanteur ou bien un marabout libyen, ce qui m’était plus familier. Ce que j’ai le plus apprécié, c’est de me laver les dents ce matin devant un lavabo inaccessible, à distance. C’était pratique pour le bain de bouche ! J’ai dû tout avaler !
J’ai échappé à la friteuse suspendue de Denise, pas aux casseroles suspendues de Jacky ! Mais bon, j’ai gardé mon bonnet de la Nouvelle Zélande, même sous la douche !
Ah Neuilly :
Je suis dans une clinique à Neuilly ( non, Sarkozy n’est pas là, il déjeune avec notre Ministre de l’Economie, ils sont copains ! ) pour une biométrie : les médecins agrandissent mon oeil à l’échelle de CinémaScope style Steven Spielberg ! Je ne vois rien, mais les médecins rient comme des fous ! Ils me disent :
Pour l’opération, il faut être lavé entièrement à la Bétadine.
Moi : les yeux aussi ?
Les médecins : si vous voulez être aveugle avant l’opération, oui !
Moi : il faut être précis avec le langage. Ne pas nommer les choses empire le monde.
Les médecins : oh la la ! Monsieur est philosophe !
Moi : non, ce sont Voleuse et Boule, mes chats, qui me l’ont inculqué, ils me disent souvent, Whiskas ou Sheba il fait être précis.
Les médecins : on essayera d’être précis pour votre opération de Cataracte, sinon vous serez dans la panade !
Moi : savez-vous que panade est une soupe et que ...
Les médecins : ça va, ça va, on a compris ! Pourquoi prenez-vous un RDV un 1 avril, c’est un poisson ? Et pourquoi une opération un 13, vous êtes superstitieux ?!!!
Clinique.
La biométrie était une torture. L’ophtalmo. qui la pratiquait, une chinoise, n’était pas maquillée comme une camionnette volée, mais plus effrayante que le docteur Joseph Mengele à Auschwitz, j’ai eu peur qu’elle fasse de l’export des yeux vers la Chine ! Je la soupçonne.
Elle me demande : votre portable vibre dans votre poche, qui insiste ainsi ?
Moi : je ne vois que ... Denise ! Et c’était Denise : 14 appels en absence !
En quittant la clinique de Neuilly, je dis à l’hôtesse : vous êtes assez loin de Paris quand même !
Elle répond : pour nous ici à Neuilly, Paris s’arrête à l’avenue Victor Hugo, alors si vous venez de chez Jacky, du vingtième arrondissement, c’est sûr que c’est ... comment dirais-je ...
Moi : ne dirais-je rien surtout !
/
Je suis dans le train. Je me mets à côté du Marteau brise-vite et je dis à la connasse du portable, déjà présente, en lui montrant le marteau sous vitre : j’ai décidé de défier le code pénal français, si vous sortez votre portable, je vous briserai les dix doigts, vous ne pourriez plus le tenir pensant six mois !
La connasse : aucune importance, j’achèterai un kit mains-libres et je radoterai encore plus fort !!! En entrant dans le train, j’ai vu qu’il n’y a pas de vélos dans le wagon à vélos, donc vide. Allez-y, ça va être long aujourd’hui, surtout avec une attente de 40 minutes à Châteauroux !!!
Ça ne me dérange plus que vous m’appeliez connasse, ça a fini par sonner joli à mes oreilles, je ne sais jamais si c’est avec deux ou un seul N ! Excusez-moi, vous avez de la merde dans les yeux !
Moi à bout : vous allez vous taire, oui !
La connnassse : peux pas, je souffre de diarrhée verbale ! Mais je me soigne.
Je capitule et je pars pour les vélos, son portable sonne déjà ...
Je m’endors dans l’espoir de ne pas rater Châteauroux et de retrouver à 18 heures Boule et Voleuse.
Est-ce que ma poule est morte ?!!!!
Elle l’est la pauvre. Un œuf par jour en moins !

DIALOGUES AVEC VOISINS, AMIS ET MES CHATS.

1 > ma voisine :
Moi : bonjour Denise, c’est Attia, ça va ?
Denise : oh, doucement le matin, et pas trop vite le soir !
Moi ! Que faites-vous ?
Denise : je fais pitié ! Et de la peine !
Moi : c’est la Sibérie !
Denise : oh, non. Il n’y a pas six Berry, le Berry est unique !
Moi : un café cet après-midi ?
Denise : oui, vous êtes le bienvenu PARMI moi !
Moi : à 15h ?
Denise : parfait. Bon, je vous laisse, il faut vraiment que je continue à ne rien faire !

2 > un voisin :
Moi : bonjour Monsieur Govert, comment allez-vous ?
M. Govert : je me réveille tous les matins furieux contre la terre entière, Sylvie m’a quitté !
Moi : désolé d’entendre cela.
M. Govert : ça aurait pu être pire, elle aurait pu me quitter pour une femme !
Moi : et comment va votre vie amoureuse et sexuelle depuis ?
M. Govert : j’ai réglé ça une fois pour toutes, j’ai acheté un chien ! D’ailleurs, j’ai même oublié depuis que j’en ai "une" entre les jambes !
Moi : et Sylvie ?
M. Govert : pire ! Elle m’a trouvé deux remplaçants : deux bas-rouges ! Remarquez, les chiens s’entendent mieux que nous deux !
Moi : voulez-vous venir dîner avec ou sans Sylvie ?
M. Govert : si vous voulez, mais je suis devenu végétarien à cause de mon berger nazi : une entrecôte charolaise de 600 grammes par jour, ma pension de retraite y passe !
Moi : voulez-vous que j’invite ma voisine ?
M. Govert : je préfère pas, avec un coup de rouge je risque de me ruer vers elle à table ! Je suis désespéré et je ne sais même plus comment m’y prendre !
Moi : ça tombe bien, elle est désespérée aussi, mais elle sait s’y prendre !
M. Govert : à la bonne heure ! Vous jouez les maquereaux maintenant ?
Moi : non, j’essaye d’aider.
M. Govert : bon, ok, mais il ne faut rien dire aux bas-rouges, sinon je n’en aurai plus " une " du tout !

3 > un autre voisin :
Attia : bonjour Michel, comment ça va ?
Michel : ça va très bien, merci.
Attia : ça fait plaisir. Denise n’a pas l’air d’aller bien.
Michel : oh elle, elle fait de l’huile !
Attia : Monsieur Govert, non plus !
Michel : oh lui, il a été démoulé à chaud !
Attia : Monsieur Pasquet, non plus !
Michel : lui, il a été bercé contre un mur !
Attia : qu’arrive-t-il aux Berrichons et Berrichonnes ?
Michel : la consanguinité fait des ravages ! voilà maintenant que la buraliste à Nouzier refuse de parler le Français, uniquement un patois berrichon, c’est pratique pour lui acheter tesRothman’s bleues, j’ai déjà du mal à lui acheter des Gauloises ! Et la restauratrice à Touchay, elle ne sert tous les jours que les deux seules spécialités berrichonnes, entrée : galette de pommes de terre, plat : poulet en barbouille, et c’est pas de chance pour toi, tu ne peux pas en manger, il y a des lardons !
Attia : faut-il s’installer en Auvergne ?
Michel : oh que non ! D’ailleurs, je n’y vais plus depuis l’affaire des Fous de St. Flour, une famille y a gardé les membres de la famille décédés au salon pendant des décennies ! En plus, il faut deux Juifs et quatre Ecossais pour faire un Auvergnat ! Il faut pas dire ça à la femme du dentiste qui est auvergnate, elle est déjà assez terrorisée par les berrichons comme ça !
Attia : que faire, Michel ?
Michel : garder une distance et prendre du recul, ça permet de s’élever !
Attia : ah, c’est joli, tu deviens philosophe Michel !
Michel : il vaut mieux dans le Berry, et prendre des distances aussi avec les vaches et brebis, qui ont une sexualité débridée et sont en demande, grâce aux fermiers berrichons !
Attia : quelle vision apocalyptique du Berry ! Je vais boire un coup de Châteaumeillant rouge pour m’en remettre ! Au revoir, Michel.

4 > Gord :
Je téléphone à Gordon pour avoir de ses nouvelles depuis qu’il est rentré chez lui :
Moi : ça va Gord ?
Gordon : je ne prie plus que ça aille mieux, je prie pour que ça n’aille pas moins bien ! L’escalateur du BHV a eu raison de ma santé !
Moi : Gordon, pourquoi faut-il que tu prennes absolument DEUX Gins comme apéro lorsque tu es chez moi ?!!!
Gordon : bonne question, je vais désormais en prendre TROIS !
Moi : pourquoi deviens-tu intarissable lorsque je mets le JT ?
Gordon : je respecte l’heure de l’info. 20H : Je t’informe de mes pensées et de ma vie !
Moi : il me reste France Info. en journée ! Et pourquoi prends-tu DEUX chambres d’amis lorsque tu es chez moi ?!!! Sans parler du salon et de la cuisine que tu occupes pratiquement à 99%.
Gordon : justement, mon pays, La Nouvelle Zélande, était une colonie. Aussi, lorsque je suis en Europe, je me venge, je colonise tout ! Il faut me voir à Cognac et à La Palmyre ! J’accorde 9M2 à la famille Yvernault, pourtant propriétaire des deux maisons, et je ne suis qu’un invité !
Moi : pourquoi te faut-il QUATRE serviettes pour tes douches ?!!!
Gordon : UNE par partie de mon corps ! Une vrai crucifixion.
Moi : pourquoi n’as-tu pas le sens de l’humour ? Ne jamais rire ?
Gordon : j’ai perdu tout sens de l’humour à l’élection de Sarko ! J’en suis resté figé une fois pour toutes ! Et constipé à force d’entendre BHL !
Moi : pourquoi passes-tu ton temps en voiture à perdre jusqu’à 6 points, sans parler les amandes et des accidents ?!!!
Gordon : je ne me sens jamais bien nul part plus de CINQ minutes !
Moi : c’est un vrai plaisir de t’inviter et de t’avoir pour quelques minutes ! A propos, j’ai commencé une analyse pour comprendre ton obsessions pour mes serpillières que tu as suspendues un peu partout dans mon jardin ! Ma voisine, _ Denise, est persuadée que c’est une de mes œuvres ! Tendance Arte Povera !
D’ailleurs, elle s’est convertie à la création contemporaine, depuis qu’elle vu mes serpillières suspendues dans mon jardin. Elle a suspendu sa friteuse au plafond de sa cuisine ! C’est un ready-made façon Marcel Duchamp, ma-t-elle dit. Tendance épée de Damoclès. Et, en effet, j’attends dans l’angoisse une douche d’huile de Tournesol, lorsque je suis assis avec elle dans sa cuisine pour un café ! Elle m’a rassuré, en me disant qu’elle utilise de la Végétaline. Mais le vrai risque, précise-t-elle, c’est de recevoir la friteuse sur la tête.

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