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POÉSIE

vendredi 25 mars 2011, par clf

Il y a maintenant
ce qui mérite ma mort :
tes fenêtres qui s’envolent
à ma rencontre
le retour à sa demeure
d’une orangeraie
et l’amour d’une mère
brodé sur un mouchoir

une rose sur ta tombe
devenue palmier
et ta sueur devenue source

Il y a enfin
ce qui mérite ma mort :
tes retrouvailles avec l’amitié
des choses disparues
et le sacre de ton front

des moineaux
qui retournent à l’école endeuillés
et des nuages qui piègent le nord

le détour par Cordoue
d’une prière
et tes adresses éparpillées
dans mes départs.

J’étais temple tu disais
et mon épaule patrie
j’étais sanctuaire et mon aisselle bénitier

la patrie est devenue blessure
et la bénédiction agonie.




Now is the time
That merits my death :
Your windows which vanish
At my approach
The homecoming
Of an orange grove
And the love of a mother
Embroidered on a handkerchief.

A rose on your grave
Becomes a palm tree
And your sweat becomes a stream.

There comes at last
What merits my death :
Your reunion with the friendship
Of departed things
And the anointing of your brow

The grieving sparrows
Who return to school
And the clouds which trap the North.

The detour by Cordoba
Of a prayer
and your addresses scattered
Among my farewells.

I was the temple that you spoke of
And my shoulder the homeland
I was the sanctuary and my armpit the font.

The homeland has been wounded
And the blessing is now agony.

Attia Bousbaa
Sept. 2011









« Peintre et poète, Attia Bousbaa joint à sa double possibilité expressive une double appartenance culturelle. Occident et Proche-Orient se rencontrent en son écriture et fondent l’originalité de sa poésie. Attia Bousbaa est aussi témoin de son temps et de ses drames qui le marquent. Comme d’autres poètes et artistes témoignent pour le Maghreb ou le Liban, lui, il évoque la Palestine et le peuple Bédouin, les exilés et les nomades. Poèmes dépouillés, directs et souples à la fois, qui contiennent avec la précision de notre langue la vibration contenue du grand « imaginalisme » oriental.

« La Palestine et le Liban, vieille terre de poésie et de spiritualité, hantent la conscience du poète, même celui qui a échappé au malheur et trouvé terre d’asile. Ce meilleur destin ne le rend que plus conscient de l’injustice du monde. Attia Bousbaa revient dans « Ô Palestine » à sa nécessité de témoigner. Sans imprécation ni faux exotisme, en homme qui sait, familier de deux univers mentaux, la valeur de la parole. »

« Attia Bousbaa, poète qui est aussi plasticien, nous parle de la Palestine avec émotion et grande justesse de ton, dans un style de poèmes au quotidien, ancré dans le réel le plus immédiat. Ses poèmes sont un chant d’indignation sur le martyre du peuple palestinien. Ils en appellent à la conscience internationale. Poésie comme arme, pour dire la vérité, la noblesse et la misère de l’homme, l’espoir et le rêve. »


The french text :

" Chroniques qui, sous forme de lettres d’amour (à la Palestine ou à un être vivant) postées de Rome, de Berlin, de Cabourg ou d’ailleurs relatent une nostalgie impérissable. Dans l’esprit du narrateur, Attia Bousbaa, l’amour et la politique n’en finissent pas de s’opposer et de s’épouser. Comme s’il y avait un être politique de l’amour et une nature amoureuse de la politique. Comme s’il y avait un lien entre la solitude amoureuse et celle d’une Palestine éloignée. Un chant de passion désespéré et un cri de guerre contre le siècle. "

English :

" These are chronicles, which, in the guise of love-letters posted from Rome, Berlin, Cabourg or anywhere else and addressed to Palestine or to a living person, tell the story of a never-ending longing. In the mind of the narrator, Attia Bousbaa, love and politics never cease from opposing struggles alternating with passionate embraces. As if there were an essential bond between a lonely solitude brimming with love and the solitude of a far-away Palestine. A passionate song springing from a sense of despair and yet, at the same time, a call to war against the ways of the world. "





1. In addition to his capacity of expression as both poet and painter, Attia Bousbaa enjoys the privilege of belonging to two cultures. The originality of his poetry is founded in this encounter of the West with the Near East. Attia Bousbaa writes as a witness of our times and of the turmoil which defines it. As other poets and artists bear witness to the Maghreb or Lebanon, his work evokes rather Palestine and the Bedouin people, exiles and nomads. The sometimes mysterious vibrations of a Near Eastern imagination are captured magically, through an exact and precise use of the French language, in poems stripped of all excess but which are yet both direct and supple.

2. That ancient territory, now Palestine and Lebanon, land of poetry and spirituality, haunts the spirit of the poet, even as one who has escaped their immediate pain and found refuge elsewhere. But this new destiny only renders the poet even more aware of the injustice in the world. In « O Palestine », Attia Bousbaa comes back again to the necessity of witnessing. And as one familiar with the mental framework of both these worlds, he recognizes the power of the Word, and he speaks out with neither recrimination nor exotic over-statement.

3. Attia Bousbaa, poet as well as creator of plastic art forms, speaks to us with feeling, in tones that ring true, in down-to-earth poems solidly anchored in every-day reality. Through the tonal music of his poems we sense his indignation at the suffering of the Palestinian people. This is a call to the conscience of the international community. Poetry then as a weapon, to speak out the truth, the nobility and the misery of humanity, as well as its hopes and dreams.





Autres recueils :

  • Décombres, éditions La guilde des lettres1983
  • Poésie Défendue, éditions Les 4 Fils, 1984
  • Chroniques bédouines, éditions La guilde des lettres1984
  • La marche du thym, éditions La guilde des lettres1984
  • ExilS, éditions La guilde des lettres1985
  • Mémoriel, éditions M.P. Manchon, 1990
  • XXVI, éditions M.P. Manchon, 1991
  • Point d’absence, avec Jacky Langagne, éditions M.P. Manchon, 1992
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