C’est pas qu’on s’ennuie...

Cambodge 2014 : Phnom Penh

dimanche 20 juillet 2014, par clf

Dimanche 20 juillet

Départ pour Roissy avec Mickaël comme chauffeur. Notre avion pour Shanghai décolle à 21h20.
A l’aĂ©roport, nous devons imprimer nos billets et nos Ă©tiquettes pour les bagages. Ça colle comme de la glu, il faut bien viser car les parties Ă  assembler ne sont pas très larges. Bref, Christophe s’en occupe et comme il ne fait pas dans la dentelle, je ne vous dis pas le rĂ©sultat !
Au moment de s’enregistrer, l’hĂ´tesse nous demande si nous sommes au courant du "retard" ?
Non, quel retard ?
L’avion devrait dĂ©coller vers 23h30 au lieu de 21h20.
Je comprends mieux pourquoi on nous a remis un bon de 8 euros pour manger et pour s’excuser des dĂ©sagrĂ©ments. Nous n’avons rien vu et rien compris (en fait la compagnie devait nous prĂ©venir, on attend toujours l’information)


Vol très classe jusqu’Ă  Shanghai avec China Eastern airlines, un repas et un petit dĂ©jeuner extras, des films divers et variĂ©s par contre une climatisation glaciale.
Arrivés à Shanghai vers 18h (il y a 6 heures en plus), nous avons cherché notre deuxième vol pour Phnom Penh.
Très compliquĂ© ! L’aĂ©roport est une gigantesque ligne droite, les hĂ´tesses et personnels de renseignements ne sont pas très aimables ni très au courant de ce qui se passe dans leur aĂ©roport !
A chaque question posĂ©e, un gros soupir en rĂ©ponse et quelques vagues explications. Impossible de savoir Ă  quelle heure partait notre avion. Peut-ĂŞtre Ă  20h (comme prĂ©vu), peut-ĂŞtre Ă  21h ????
Quelle porte ? Au dĂ©but dĂ©part gate 29, Ă  un bout de l’aĂ©roport, finalement c’est Ă  la gate 135 Ă  l’autre bout de l’aĂ©roport !


Une fois dans l’avion, nettement plus petit et moins chic que le premier, nous avons mangĂ© et mal dormi. Nous sommes arrivĂ©s Ă  Phnom Penh vers 1h30 du matin (la nuit du lundi 21 au mardi 22 juillet).
Et lĂ , le bouquet ! Je n’ai pas retrouvĂ© ma valise...
Que du matériel me direz-vous, oui mais il y avait quelques petites bricoles auxquelles je tenais et surtout une partie des médicaments utiles au Cambodge.
Bon, nous avons dĂ©clarĂ© cette perte et moi, très triste je n’avais pas trop le moral. Un conducteur de tuk tuk nous attendait (le pauvre Ă©tait lĂ  depuis 22h) pour nous conduire Ă  l’hĂ´tel Europe, rue 136.
A Phnom Penh, les rues sont numérotées et ne portent pas de nom
Rigolo, le tuk tuk sous une pluie battante ! Imaginez une mobylette sur laquelle est accrochĂ©e une espèce de charrette, avec un toit, des banquettes en vis Ă  vis et pour le mauvais temps, des bâches comme pour une remorque de camion.
Nous n’avons pas mis les bâches pour profiter du paysage de nuit et de la pluie ! Trente minutes plus tard (7 dollars la course), nous Ă©tions dans notre chambre sans fenĂŞtre sur l’extĂ©rieur mais avec la clim !




Mardi 22 juillet

RĂ©veil vers 14h30, nous avons dormi comme des loirs et il pleut des cordes. It’s raining cats and dogs !

D’abord il faut acheter un plastique pour se protĂ©ger car ici, la pluie, c’est quelque chose ! Comme au Vietnam, lourde et chaude.
On traine un peu dans la rue 136, histoire de se familiariser avec le lieu, puis Christophe me propose d’aller dĂ©jeuner au ’’On the Corner’’ face Ă  la rivière TonlĂ© Sap. Christophe mange de l’Amok, plat khmer servi avec un mĂ©lange d’Ă©pices Ă©tonnantes dans un bol de feuille de bananier. Je me contente d’un peu de riz et d’un dĂ©licieux pancake bananes. 

Puis balade au marchĂ© central pour m’acheter des tongs. Sur le chemin nous dĂ©couvrons une chouette boutique vintage ’’Madame’’. Christophe choisit une chemise Ă  manches longues pour les moustiques, et moi un petit haut, une robe et un pantalon. Comme je n’ai plus de valise...
Repos Ă  l’hĂ´tel Europe.
DĂ®ner au Chiang Mai Riverside sur le quai du TonlĂ© Sap, bière Tiger, curry bananes ’’Local Khmer Feast’’ et curry khmer ’’Kaeng Masman’’, le tout très bon. 
Que des touristes ou presque dans ce petit resto conseillé par le Routard.




Mercredi 23 juillet

Nous avons rencontrĂ© le propriĂ©taire de l’hĂ´tel Europe, Seng, très sympathique, qui a vĂ©cu en France et qui parle notre langue Ă  la perfection.
Il a tĂ©lĂ©phonĂ© Ă  l’aĂ©roport et lĂ  miracle ! Ma valise avait Ă©tĂ© retrouvĂ©e.
Nous partons en tuk tuk pour la récupérer, une heure aller/retour pour 9 dollars.
Ici tout se paie en dollars et souvent les commercants nous rendent la monnaie en riels, la monnaie locale.
La course en tuk tuk dĂ©coiffe, du vent, des carburants dans le nez, des motos, des voitures, des vĂ©los... Il ne fait pas trop chaud, c’est plutĂ´t agrĂ©able.




Soupe et poulet aux noix de cajou au Chang Mai Riverside et sieste pour finir.

RequinquĂ©s nous partons dĂ©ambuler et nous perdre dans les ruelles de notre quartier ’’Quai Sisowath/Palais royal.
Nous visitons la pagode ’’Wat Ounalom’’ (un monastère presque entièrement rasĂ© par les khmers rouges). Nous passons près de la cour de justice et arrivons au Palais royal. Une grande place sans vĂ©hicule, uniquement pour les piĂ©tons et les milliers de pigeons qui envahissent mĂŞme les toitures.

La pagode :

Le palais royal :




Balade en jonque sur le Mekong pendant une heure. Belle arnaque pour le prix, 18 dollars pour deux alors que 10 auraient suffi.

Un coucher de soleil sur le Mekong c’est beau mais c’est court (5mn)

Um passager clandestin :



Retour Ă  l’hĂ´tel et illico presto nous voilĂ  partis Ă  la recherche du restaurant ’’An Nam’’. On ne l’a pas trouvĂ© ou bien il a disparu ?
Le deuxième le ’’Pleasure’’, pas trouvĂ© non plus ! Le troisième ’’The Shop’’ par contre Ă©tait fermĂ©.
Après deux heures de marche nous avons finalement soupĂ© au ’’Shang Mai’’ notre valeur sĂ»re.




Jeudi 24 juillet

P’tit dĂ©j au ’’Blue Pumpkin’’ composĂ© d’oeufs brouillĂ©s, de bacon grillĂ©, d’un super bon cafĂ©, de deux petites tomates cuites et de deux tartines beurrĂ©es. Miam...




Nous déposons notre linge sale dans une landry, 1 dollar le kilo.

Moins d’une heure de marche pour nous rendre au musĂ©e des Beaux Arts (le musĂ©e national) que nous visitons avec un guide parlant francais (6dollars pour le guide et 5/personne pour l’entrĂ©e). Des pièces essentielles d’archĂ©ologie y sont conservĂ©es et exposĂ©es, des chefs-d’Ĺ“uvre de l’art khmer.
Le musée a été créé en 1905
En 1917, Albert Sarraut gouverneur gĂ©nĂ©ral de l’Indochine charge George Groslier, artiste peintre, de mener une Ă©tude sur la ’’situation des arts Cambodgiens’’. G. Groslier propose un programme de rĂ©novation des arts incluant la crĂ©ation d’un nouveau musĂ©e du Cambodge et d’une Ă©cole d’art.
1970, début de la guerre civile
1975/79, régime des khmers rouges, fermeture du musée.
1979/91, réouverture du musée.





C’est un bâtiment de terre cuite rouge, composĂ© de quatre parties, au toit ornĂ© de naga (cobras mythiques) qui mĂŞle les styles asiatique et colonial. Dans quatre salles, plus de 5000 objets datant du IV au XIII ème siècle. Une superbe collection d’art prĂ©angkorien et angkorien.
Des statues de Bouddha, debout, couché, assis, de Ganesh, de Vishnou, des frontons, des colonnes ciselées, des lingas, des yonis, des bijoux des objets rituels et usuels...
Ă€ l’extĂ©rieur un jardin, au centre une statue de Bouddha, quatre bassins rĂ©partis tout autour et les quatre bâtiments qui ferment cet espace vĂ©gĂ©tal.

Repas au "Khmer Saravan", une bonne noodle soup chacun et une petite arnaque d’un "bonze chinois marron" qui nous a pris 7$. On n’osait pas dire non par respect !
Christophe lui donne 1$, le bonze lui montre son bol en lui faisant comprendre que ce n’Ă©tait pas assez. Christophe lui donne Ă  nouveau 1$, avec son bol le bonze montre un billet de 5$ dans le porte monnaie de Christophe qui lui donne sans rĂ©agir ! Je n’ai pas rĂ©agi non plus ! Le prochain on lui prend ses billets dans son bol !!! (it’s a jok).




L’après midi visite "City tour" en tuk tuk pour 8$. La pagode "Wat Phnom", elle se trouve en haut d’une petite colline artificielle haute de 30 m et pour y accĂ©der il faut grimper de nombreuses marches.



Nous n’avons pas envie de bouger du tuk tuk, Nous y retournerons au mois d’aoĂ»t Ă  notre retour Ă  Phnom Penh.

Le "Russan Market", un marchĂ© vieillot et bondĂ© avec toutes sortes de trucs, des tissus, des bijoux en argent, des fausses antiquitĂ©s, de la quincaillerie, des pièces de moto, des vĂŞtements, des chaussures, des sacs, des gargotes Ă  l’intĂ©rieur et Ă  l’extĂ©rieur...

Images de diffĂ©rents marchĂ©s :

Vues du tuk tuk


Sur le retour une roue du tuk tuk fait beaucoup de bruit, elle est sur le point de se détacher, nous décidons de finir à pied.
Nous longeons le quai Sisowath pour admirer le Mékong, les pêcheurs. Une promenade bien agréable.



En passant par le petit marchĂ© près de l’hĂ´tel, nous achetons des bananes appelĂ©es "des doigts", car elles sont petites, très sucrĂ©es et parfumĂ©es.



Douche Ă  l’hĂ´tel et tartinage d’insecticide jusqu’aux oreilles pour sortir car au coucher du soleil gare aux moustiques...
Nous partons pour le "cyber shop" pour Ă©crire nos aventures sur notre site Cambodge 2014, nous y restons jusque 22h. Le temps n’existe plus face Ă  un Ă©cran.
Nous cherchons un endroit pour manger, il est tard et Ă  Phnom Penh les restaurants ferment tĂ´t !
Finalement c’est au "On the Corner" que nous avalons deux draft beer, un porc curry un rice chiken.




Vendredi 25 juillet

RĂ©gime sec pour moi aujourd’hui, pendant que Christophe testait le porc grillĂ© je me suis gavĂ©e de soupe hier et elle me reste sur l’estomac.





Nous partons pour le musée du génocide, le musée "Tuol Sleng" (S21).

On nous a dit qu’il fallait vraiment y aller pour ne pas oublier les atrocitĂ©s commises par le rĂ©gime de Pol Pot et de ses compères. Tuol Sleng ou S21 est l’ancien centre de dĂ©tention du rĂ©gime khmer rouge. Cet ancien lycĂ©e, construit par les français devient d’avril 1975 Ă  janvier 1979, la prison la plus terrifiante du Cambodge des khmers rouges. 15 000 personnes y passent subissant les pires tortures avant d’ĂŞtre achevĂ©es dans le camp d’extermination de Choeung Ek (Ă  14 km de Phnom Penh).
Femmes, hommes, enfants, bébés éliminés comme supposés opposants au régime des khmers rouges. Pour les khmers rouges, tous les intellectuels étaient à " exterminer".
Éprouvant et cauchemardesque cette visite. Un des bâtiment du lycĂ©e servait de salle d’interrogatoire (de torture). Un deuxième Ă  Ă©tĂ© transformĂ© en mĂ©morial avec des centaines de portraits photographiques figĂ©s des victimes. Les khmers rouge avaient la manie de l’archivage, ils photographiaient et fichaient toutes les victimes : au dĂ©but, vivantes et Ă  la fin, mortes.
Pour les khmers rouges il s’agissait d’Ă©liminer les "ennemis de la rĂ©volution".
Un troisième bâtiment est composĂ© de minuscules cellules construites Ă  la hâte, en briques au rez de chaussĂ©e et en bois Ă  l’Ă©tage. Angoissant et oppressant. Les barbelĂ©s des balcons servaient Ă  empĂŞcher les suicides.
Enfin le dernier bâtiment a ete transformĂ© en salle d’exposition (les cellules ont Ă©tĂ© enlevĂ©es). On peut y voir des peintures rĂ©alisĂ©es par Vann Nath ( l’un des sept survivants du S21) illustrant les diffĂ©rentes tortures.
Aussi des plans des migrations forcées, des charniers, des crânes...
Au premier Ă©tage, des juxtapositions d’anciennes et de rĂ©centes Photographies de jeunes khmers rouges (dont d’anciens employĂ©s du camp).
Au deuxième, une exposition de photos de victimes, légendées de témoignages biographiques par de proches survivants et classées par catégories sociales.
Et aussi des photographies des leaders khmers rouges comme celui de Kaing Guek Eav, alias Douch, le tortionnaire en chef du complexe de Tuol Sleng.


La bureaucratie Khmer rouge a pris soin de garder des traces Ă  propos de chaque personne arrĂŞtĂ©e, photographies, procès verbaux des interrogatoires, fiches signalĂ©tiques au sujet de la personne et de sa famille. Plusieurs salles sont consacrĂ©es a ces photographies de femmes, d’hommes et d’enfants.

Des panneaux expliquent qui etaient les leaders et leurs fonctions.


Quelques liens au sujet de leurs procès :

Des tĂ©moignages de prisonniers des Khmers rouges dont celui d’un Francais :

  • Francois BIZOT (2000). Le portail. PrĂ©face de John Le CarrĂ©. Ed La table ronde. Un tĂ©moignage exceptionnel oĂą l’auteur articule la description d’une expĂ©rience douloureuse et une analyse politique de cette pĂ©riode qui pose la question du silence assourdissant des occidentaux pourtant informĂ©s. OĂą l’on comprend le rĂ´le des AmĂ©ricains dans l’installation de ce rĂ©gime et celui des Vietnamiems Ă  plusieurs moments du conflit.
  • Chum MEY (2012). Le survivant. Centre de documentation du Cambodge, n18.
  • Huy VANNAK (2010). Bou MENG, a survivor from Khmer rouge prison S-21. The documentation center of Cambodia.



    Au moment de notre voyage deux des plus hauts anciens responsables Khmers Rouges Nuon Chea et Khieu Samphan viennent d’etre condamnes a la prison a perpetuite (lien).

Le pays reste toutefois de pouvoir profiter d’un fonctionnement democratique, l’opposition est muselee et les manifestation des ouviers exploites dans les usines textiles se font tirer dessus a balles reelle.






Retour en tuk tuk pour dĂ©jeuner au "Shanghai Mai". Sieste et deux heures de travail sur les ordinateurs pour continuer le site sur notre voyage au Cambodge. DĂ®ner au "Khmer Saravan", balade sur la croisette Sisowath. Ă€ l’hĂ´tel Europe, nous prĂ©parons nos bagages pour le voyage du lendemain.



Vues de notre chambre d’hotel



Juste en face de notre chambre un ouvrier travaille au 4eme etage, sans protection particuliere,

Et quand il se met debout sur une poutre en bĂ©ton de 30 cm de large, on se demande si c’est bien raisonnable...



Des plats que nous avons decouverts et aimés

Morning Glory :

Amok :







Et le petit compagnon de toutes les soirĂ©es :




Depart pour Siem Reap et Angkor (suite)











Lucien (avec la casquette) retrouve l’oncle Louis Ă  SaĂŻgon en avril 1952 lors d’une permission.

Quand l’oncle a quittĂ© la marine en 1947 il s’est rendu au Cambodge avec la tante et AndrĂ©, direction la brousse pour remettre en marche une usine de traitement de riz, sabotĂ©e par les Japonais pendant la guerre. J’ai oubliĂ© le nom du bled. Par la suite ils sont venus Ă  Phnom-Penh oĂą l’oncle travailla comme responsable technique de la Cie de Navigation Denis Frères dont l’activitĂ© se situait sur le Fleuve. Nouveau dĂ©placement ensuite Ă  SaĂŻgon, pour la mĂŞme Cie comme directeur technique, car il y avait du trafic maritime plus important avec les cargos. Ils sont rentrĂ©s en France en 1952 après que je prenne le direction du Japon, via Hong-kong, pour atterrir Ă  Yokohama pour 13 mois de carĂ©nage de mon Navire Atelier "Jules Verne" payĂ© par le Japon (dette de guerre), un peuple charmant. L’oncle Louis avait embarquĂ© sur le mĂŞme navire 20 ans avant moi.   J’ai eu la chance tout de mĂŞme d’avoir pu sortir de SaĂŻgon pour des rencontres de Basket contre des Ă©quipes militaires et civiles. Dans ce dernier cas nous Ă©tions accompagnĂ©s d’homme armĂ©s (douce ambiance). J’ai aussi pu aller Ă  Phnom-Penh voir l’oncle Louis et tante Jeanne, avant leur retour Ă  SaĂŻgon, et toujours dans une voiture avec un homme en arme.

Louis et sa famille son rentrĂ©s en France, sans quitter la sociĂ©tĂ© de navigation Denis Frères, qui cessait son activitĂ© au Viet-nam pour s’installer Ă  Dunkerque. Je reviens sur leur sĂ©jour en brousse dans la rizerie de "PrĂ©-kek " nom retrouvĂ© mais pas l’orthographe ni la situation gĂ©ographique pour le moment.

Lucien, Août 2012

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